Les Gasconnes de Nicolas, éleveur en Occitanie

Parmi les races à viande, la Gasconne n’est pas la plus connue. Elle n’en mérite pas moins toute l’attention, tant son élevage en montagne lui donne du caractère. Fier de son troupeau et passionné par son métier d’éleveur à Carcassonne, à l’ouest des Pyrénées, Nicolas en parle comme personne.

Une race à viande, née au cœur des Pyrénées

Les vaches de race Gasconne sont les reines des Pyrénées, berceau de la race. Au début du 20ème siècle, il s’agissait d’un animal de traction. Avec l’arrivée des tracteurs, le cheptel fond mais c’est sans compter sur l’implication des éleveurs de la région : aujourd’hui, on trouve des Gasconnes partout dans la chaîne pyrénéenne. La race compte entre 20 000 et 25 000 têtes et est reconnue pour sa viande au grain très fin, intimement persillé : une saveur très appréciée des gourmets.

Une race faite pour la montagne

On reconnaît la Gasconne à sa robe grise, couleur adaptée à la vie en haute montagne (le gris renvoie les rayons du soleil).  Le pourtour de ses yeux est noir, comme s’ils étaient maquillés : la nature est bien faite, et les mouches, nombreuses en montagne, ne se posent pas sur le noir. Ses sabots sont très durs et lui permettent de parcourir des territoires de montagne, accidentés et escarpés. C’est une race rustique, habituée à marcher beaucoup pour trouver la nourriture là où elle se trouve.

Beaucoup d’espace à 2000 mètres d’altitude

A la saison estivale, Nicolas pratique la transhumance. Il amène ses vaches Gasconnes les plus jeunes en haute montagne car l’expérience est physique. Les vaches sont accompagnées de leurs veaux pour que ceux-ci s’habituent très tôt à cet environnement. Sur place, le troupeau se nourrit d’herbes fraîches et de réglisse, une petite fleur violette. Au-delà de la production de viande, les vaches ont un rôle essentiel en montagne. En broutant, elles entretiennent et façonnent le paysage. Et si les randonneurs sont éblouis par la beauté des sites naturels qu’ils arpentent, il ne faut jamais oublier que les vaches y sont pour quelque chose.

Le bien-être animal, une priorité pour Nicolas

Nicolas est lui aussi originaire de l’Ariège. Avec un père militaire, il a fait le tour du monde. A un certain moment, il a voulu se fixer et il a choisi les terres de son enfance. Il a d’abord commencé avec des moutons, puis s’est très vite tourné vers l’élevage de Gasconnes.

Aujourd’hui, il élève 200 mères et 250 veaux. Etre éleveur, pour Nicolas, c’est un sacerdoce mais jamais une corvée : une relation attentive et bienveillante le lie à ses animaux ; d’ailleurs, avant toute chose, le bien-être animal est sa priorité. Nicolas est aussi très fier d’avoir 2 enfants à qui il a communiqué sa passion du métier, et qui sont très impliqués dans l’exploitation. Parce qu’une passion, cela se transmet.