Tout dépend du périmètre et de la méthodologie d'évaluation retenus. En France, l'agriculture représente 18,5 % des émissions nationales de gaz à effet de serre (Citepa, inventaire territorial 2023). Au sein de ce total, la Cour des comptes évalue la responsabilité de l'élevage bovin à 11,8 % des émissions d'équivalents CO2 françaises, un niveau comparable à celui des bâtiments résidentiels du pays.
Sources citées : Citepa, inventaire territorial des émissions de GES 2023. Cour des comptes, rapport 2023 (cité dans une question écrite à l'Assemblée nationale, 16e législature).
La ration alimentaire d’un bovin viande est composée en moyenne de 88 % de fourrages, de 4% de céréales, de 5% d’aliments composés, et 3% de coproduits, minéraux et vitamines (données ORIFLAAM 2022, Cereopa).
Si certaines surfaces cultivées destinées à l’alimentation animale peuvent entrer en concurrence avec l’alimentation humaine, cette concurrence est limitée par la capacité des ruminants à valoriser des ressources non comestibles pour l’Homme, telles que les fourrages, mais aussi les coproduits issus des industries agroalimentaires (GIS Avenir Élevages, 2022). Les animaux d’élevage valorisent dans leur alimentation 76 % des coproduits issus des industries agroalimentaires françaises (Réséda, 2017).
Sources citées : ORIFLAAM 2022, Cereopa. GIS Avenir Elevages (2022), Utilisation des terres agricoles, est-ce que les animaux d’élevage concurrencent l’alimentation humaine ? Réséda (2017), Gisements et valorisations des coproduits des industries agroalimentaires.
Ce n'est pas le cas en France, où la surface forestière continue de progresser. La question porte surtout sur le soja importé pour l'alimentation animale, qui peut provenir de zones à risque de déforestation, notamment au Brésil. Selon le tableau de bord de la Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI), plus de 30 % du soja importé du Brésil reste à risque de déforestation élevé ; ce soja est destiné à 87 % à l'alimentation animale toutes espèces confondues, pas seulement bovine. Par ailleurs, dans la ration moyenne d'un bovin viande en France, le soja (tourteau et graines confondus) ne représente qu'environ 1 % de la ration totale en équivalent graines de soja (données ORIFLAAM 2022, Cereopa).
Le cadre réglementaire s'est par ailleurs renforcé : le règlement européen sur les produits « zéro déforestation » (RDUE, UE 2023/1115) couvre désormais les bovins et le soja parmi les matières premières concernées, avec une application prévue à partir de décembre 2025. Des alternatives au soja (légumineuses fourragères, tourteaux de colza ou de tournesol français) sont par ailleurs développées pour réduire la dépendance de l'élevage français aux importations.
Sources citées : plateforme SNDI (ministère de la Transition écologique / ministère de l'Agriculture). Règlement (UE) 2023/1115 (RDUE), Commission européenne. ORIFLAAM 2022, Cereopa.
La FAO appelle « industriels » les systèmes dans lesquels au moins 90 % des aliments pour animaux sont achetés à d’autres entreprises (FAO, 1996). Les élevages bovins français reposent majoritairement sur une forte valorisation des prairies et des fourrages produits sur l'exploitation : ces élevages présentent une autonomie alimentaire moyenne de 83 % (CAP2’ER, 2023).
Source citée : FAO, 1996. CAP2’ER, 2023.
L'Institut de l'Élevage estime entre 32 à 102 litres l'eau nécessaire pour produire un kilo de viande de bœuf produit en France (eau d'abreuvement, eau d'irrigation des fourrages, eau du process de transformation), en excluant l'eau de pluie qui aurait de toute façon été utilisée par d'autres usages des sols.
Source citée : Agribalyse 3.1 - traitement Institut de l’Elevage, 2024.
En moyenne, une vache dispose d'environ un hectare pour se nourrir. La France compte aujourd'hui 200 000 élevages herbivores, répartis sur l'ensemble du territoire en fonction des atouts et des contraintes locaux. L'élevage ruminant conserve un lien fort au sol : il valorise largement l'herbe et entretient des relations étroites entre cultures et élevage plutôt que de fonctionner hors-sol.
Source d'origine : Le modèle d'élevage herbivore français, acteur du développement durable, Institut de l'Élevage, 2021.
Les élevages de ruminants bovins sont très autonomes sur le plan alimentaire : plus de 83 % de l'alimentation du troupeau est produite directement sur la ferme (CAP2’ER, 2023). Cette autonomie s'accompagne d'un recyclage local des effluents d'élevage, puisque 92 % des exploitations avec herbivores n'exportent aucun effluent hors de leur territoire (Idele, 2021).
Source citée : CAP2’ER, 2023. Le modèle d'élevage herbivore français, acteur du développement durable, Institut de l'Élevage, 2021.
L’élevage entretient plus de 80 % des 700 000 km de haies, le long des prairies et des champs. En moyenne, 1ha de prairie permanente permet de maintenir 160 mètres linéaires de haies. Ce maillage bocager, directement lié à la présence d'élevages herbivores sur le territoire, joue un rôle important pour la biodiversité, la régulation de l'eau et la structuration des paysages ruraux.
Les chiffres clés de l’environnement en élevage de ruminants, Institut de l’élevage, 2021.
En France, 82 % des élevages ovins sont situés dans des zones défavorisées, aux fortes contraintes de sol, où la culture de céréales n'est pas possible. L'élevage ovin permet ainsi de valoriser des surfaces qui, sans lui, resteraient improductives ou évolueraient vers un embroussaillement non entretenu.
Source d'origine : Comprendre les enjeux environnementaux de l'élevage ovin, Institut de l'Élevage, 2014.