Lionel, éleveur en Bretagne

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Lionel, éleveur en Bretagne

Lionel est éleveur de vaches Blondes d’Aquitaine dans le Finistère en Bretagne

On parle souvent de l’élevage comme contributeur au changement climatique. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Lionel : l’élevage bovin participe au réchauffement climatique par 2 aspects : les bovins sont des ruminants, c’est-à-dire qu’ils ont besoin de ruminer pour dégrader la cellulose. Ce faisant, ils dégagent naturellement du carbone. En contrepartie, nous, éleveurs de bovins, produisons et entretenons de la prairie qui capte ce carbone.

D’autre part, nous avons recours aux transports pour alimenter nos cheptels à l’aide d’aliment venant de l’extérieur ou encore pour transporter nos bêtes jusqu’à l’abattoir.

Qu’avez-vous mis en place ou que pensez-vous mettre en place pour diminuer ces émissions de gaz à effet de serre ?

Lionel : Pour réduire les émissions des GES sur notre exploitation, nous sommes partis sur un objectif d’autonomie alimentaire. Nous avons implanté des légumineuses, type luzerne, pour compléter les maïs en termes de protéines. Cette production nous permet de diminuer nos achats de soja provenant d’Amérique, et donc de limiter les effets de ce dernier en termes de déforestation ou de transport. 

Lionel, éleveur en Bretagne

D’autre part, les prairies captent le carbone que dégagent les vaches. Cela forme une sorte d’équilibre car les prairies utilisent le carbone pour se développer.Sur nos prairies plus particulièrement, nous complémentons l’herbe avec des trèfles qui ont la capacité de capter de l’azote. Cet azote ainsi capté permet à la fois d’apporter des protéines aux animaux mais aussi de fertiliser naturellement les sols, ce qui permet de  limiter l’utilisation d’azote minéral sur les cultures. Donc double bénéfice.

Pour valoriser les effluents d’élevage, j’utilise du compost, c’est à dire la maturation du fumier. Dans le compost, l’azote est plus facilement disponible pour les plantes : cela réduit les risques de lessivage des sols.