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L'évaluation environnementale de la viande

L'empreinte carbone des produits alimentaires

Pour calculer les émissions de gaz à effet de serre liées à un aliment, on prend en compte toutes les étapes depuis l’exploitation agricole avec ses consommations d’énergie jusqu’à la distribution, en passant par le transport, la transformation, etc.

Sont pris en compte différents gaz à effet de serre, traduits en équivalent CO2 : le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O) et le dioxyde de carbone (CO2). La viande, et notamment la viande rouge issue de ruminants, a une empreinte carbone relativement élevée par rapport aux autres aliments. Cela s’explique car le cycle de production de la viande est souvent plus long que le cycle de production des végétaux (quelques années d’élevage pour un bovin contre quelques mois pour un blé). Cependant, comparer ces deux types d’aliments est contestable car les produits animaux (viande, lait, œuf, poisson) apportent des nutriments complémentaires des végétaux. Pour rappel, le Programme National Nutrition Santé (PNNS) recommande de consommer  « un aliment de la famille viande, œuf, poisson une à deux fois par jour ». Par ailleurs, la réglementation en cours relative à la qualité nutritionnelle des repas en restauration collective rappelle l’intérêt nutritionnel de la viande, notamment pour son apport en fer

Au sein de la famille des viandes, le bilan carbone de la viande de ruminants (bovins et ovins) pèse plus lourd que les viandes blanches qui sont issues d’animaux monogastriques comme le poulet ou le cochon. Cette différence est due principalement au méthane, gaz à effet de serre 25 fois plus réchauffant que le CO2, émis lors de la fermentation bactérienne de l’herbe et des fourrages dans le rumen des bovins et ovins. Le fameux « rot des vaches ». Cependant, cette capacité à digérer de l’herbe des espaces non cultivables apporte des services environnementaux, économiques et sociaux important dont il faut tenir compte dans le bilan. Elle permet aussi de stocker du carbone dans les sols des prairies permanentes et de réduire l’empreinte carbone de la viande.

Les différents critères pour une évaluation environnementale globale

évaluation environnementale de la viande

Dans l’évaluation environnementale, les méthodes de calcul des émissions de gaz à effet de serre sont les plus développées. Cependant, les spécialistes de l’évaluation environnementale et les pouvoirs publics s’accordent à dire que le seul critère « carbone » ou émissions de gaz à effet de serre n’est pas suffisant.


En effet, si on se focalise sur ce seul critère, on risque de déséquilibrer d’autres impacts environnementaux. Ainsi, une viande importée, issue d’élevages industriels pourra avoir une empreinte carbone plus faible qu’une viande française car elle aura été produite de façon plus intensive (notamment avec une alimentation plus céréalière), générant moins d’émission par kg de viande. Or les systèmes d’élevage d’ovins et de bovins français, basés sur l’herbe (60% de la ration en moyenne) (Voir : L'Alimentation des bovins et Alimentation des ovins), présentent de nombreux avantages environnementaux qu’il faut aussi prendre en compte pour évaluer l’impact environnemental d’un produit.  En effet, ces 13 millions d’hectares de prairies utilisés par les herbivores sont des puits de carbone (leur sol capte autant de carbone que le sol des forêts), ainsi que de larges surfaces de biodiversité. Ils préviennent les risques d’érosion, d’incendie et d’inondations et jouent un rôle clé dans le paysage. Il faut prendre en compte tous ces critères pour ne pas risquer de déséquilibrer des systèmes d’élevage qui produisent, en France, du lait et de la viande et contribuent à l’économie et à la vie sociale de nombreux territoires ruraux. 

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