"Lorsque l'on attend un enfant, il faut manger pour deux" : Combien de fois a-t-on pu dire cela à une femme enceinte ! Pourtant, ce n'est pas manger deux fois plus qui est important mais manger deux fois mieux.
Au cours de la grossesse, la femme présente des besoins nutritionnels supérieurs liés à la croissance du fœtus mais aussi au développement de certains organes tels que l'utérus, le placenta, la masse sanguine, les réserves énergétiques pour un éventuel allaitement...
Une partie de ces besoins est couverte grâce à une adaptation de l'organisme : celui-ci va augmenter l'absorption intestinale et diminuer les pertes urinaires et fécales. Mais cette adaptation a ses limites. Certaines carences ou certains excès sont préjudiciables à la femme et à son enfant.
Le conseil majeur en termes d'alimentation est de maintenir ou d'adopter une alimentation variée et équilibrée qui permettra de couvrir les besoins nutritionnels conséquents de la grossesse.
Les recommandations concernant la prise de poids optimale pendant la grossesse sont différentes selon chaque individu. Une femme maigre sera encouragée à prendre plus de kilos (jusqu'à 16 à 18 kg) alors qu'une femme obèse devra prendre peu de poids (autour de 7 à 8 kg). En moyenne, en France, on recommande une prise de poids aux alentours de 9 à 12 kg.
Au cours du premier et du deuxième trimestre de grossesse, la femme ne doit pas particulièrement augmenter ses apports énergétiques car ses besoins en termes d'énergie supplémentaire sont très faibles.
Par contre, elle devra veiller à la qualité de son alimentation. Au cours du dernier trimestre, elle présentera des besoins énergétiques accrus qu'elle pourra couvrir en prenant une collation au cours de la journée.
Le développement du fœtus ainsi que celui des différents organes nécessite un apport supplémentaire en protéines.
Les protéines sont constituées d'acides aminés. Certains sont dits indispensables car l'organisme ne peut les synthétiser ; ils devront donc être apportés par l'alimentation. Afin de permettre une croissance harmonieuse du fœtus, les protéines doivent être équilibrées en acides aminés indispensables.
Les aliments consommés par la femme enceinte contiennent des protéines en quantité et de qualité variables, suivant l'origine de l'aliment, végétale ou animale. Les protéines d'origine animale sont de bonne qualité, équilibrées en acides aminés indispensables.
Les protéines végétales sont déficientes en un ou plusieurs acides aminés indispensables. L'association de ces deux types de protéines permet une complémentation et un apport équilibré en acides aminés essentiels.
La viande rouge bien cuite est un aliment à privilégier au cours de la grossesse car elle est riche en protéines (en moyenne 20 g/100 g) de bonne qualité.
Les besoins en lipides ne sont pas augmentés au cours de la grossesse. Par contre, il est essentiel de veiller à leur qualité. Il est recommandé de varier les sources de corps gras dans l'alimentation de la femme enceinte, afin d'éviter toute carence en acides gras essentiels, indispensables pour le développement cérébral et nerveux du fœtus.
Tous les besoins en minéraux sont augmentés au cours de la grossesse, c'est donc pour cela qu'il faut veiller à la qualité des aliments consommés et privilégier une alimentation variée et équilibrée qui permettra la couverture de la plupart de ces minéraux.
Il faut particulièrement veiller à la couverture des besoins en calcium, nécessaire à la calcification, et en fer, indispensable à l'augmentation de la masse sanguine. Pour cela, il sera important de privilégier les produits laitiers riches en calcium et les viandes rouges riches en fer.
Les besoins en fer du fœtus au cours du troisième trimestre ne peuvent être couverts que par des ponctions dans les réserves maternelles. Si ces réserves sont insuffisantes en début de grossesse, comme c'est le cas chez certaines populations telles que les adolescentes, les femmes qui ont eu des grossesses répétées, ou qui ont une alimentation pauvre en fer héminique (viande, poisson), les besoins liés au développement fœtal peuvent entraîner une anémie ferriprive chez la mère.
Dans le cas où ce type d'anémie est démontré par un bilan sanguin et une enquête alimentaire, une supplémentation en fer médicamenteux sera envisagée sur prescription médicale. Mais il faut avant tout privilégier l'apport en fer alimentaire.
D'une façon générale, si les réserves en fer sont suffisantes en début de grossesse, les besoins sont couverts par une alimentation équilibrée et contenant des produits d'origine animale. En effet, on observe une augmentation de l'absorption du fer au cours de la gestation permettant de compenser l'augmentation des besoins.
Le fer apporté par l'alimentation permet de :
L'absorption du fer dépend de différents facteurs, notamment de sa nature. Le fer non héminique, contenu dans les aliments d'origine végétale, est très faiblement absorbé : environ 2 à 5 %. Son absorption est encore limitée par un excès de calcium, de phosphore et par la présence de tannins ; elle est favorisée par la viande et la vitamine C.
Le fer héminique, présent dans les viandes et les poissons, offre un meilleur coefficient d'absorption : 15 à 25 % ; en outre, il n'existe pas d'élément qui empêche l'absorption de ce fer.

Les besoins de l'ensemble des vitamines sont augmentés au cours de la grossesse. Il faut donc privilégier une alimentation variée et équilibrée. Une femme enceinte doit manger tous les groupes d'aliments, en évitant les aliments riches en matières grasses et/ou en sucres, souvent pauvres en vitamines : les sucreries, les glaces, les barres chocolatées...
Le groupe des viandes, œufs et poissons permettra de couvrir une partie des besoins en vitamines du groupe B et particulièrement la vitamine B12. Cette vitamine est en effet uniquement présente dans les produits d'origine animale.
Il est donc important, au cours de la grossesse, de ne pas exclure les aliments d'origine animale et particulièrement les viandes.
Les folates, encore appelés vitamine B9, sont présents majoritairement dans les fruits et les légumes, mais également dans le foie de bœuf, de veau et d'agneau. Ils jouent un rôle essentiel dans le développement embryonnaire et fœtal. Les femmes carencées en folates peuvent donner naissance à des enfants mal formés, porteurs d'anencéphalie et de spina bifida.
C'est pourquoi il est recommandé de consommer (même avant la conception de l'enfant et pendant le premier trimestre de grossesse) beaucoup de fruits et légumes, ainsi que du foie environ une fois par semaine, pour prévenir les carences.
En regard de ces différents besoins spécifiques de la femme enceinte, on peut donc constater que la viande joue un rôle essentiel au cours de la grossesse car elle permet de couvrir une grande partie des besoins en protéines, en fer, en zinc, en sélénium et en vitamines du groupe B.
La toxoplasmose est une infection transmise par un parasite, bénigne dans la plupart des cas, mais présentant des risques pour le fœtus. Ce parasite est véhiculé par la terre, les déjections des chats, mais peut également se retrouver dans la viande crue.
Si la femme enceinte n’est pas immunisée contre cette maladie, la prévention passe par le respect de certaines règles durant la grossesse, et non par la suppression systématique de la viande de son alimentation :
En savoir plus : Les consommateurs et la qualité sanitaire
