Élevage, campagnes et nouvelles ruralités

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L’élevage et la recomposition rurale

Dans des campagnes en recomposition, deux dynamiques contradictoires se croisent. D’une part, celle de la gestion de l’espace productif et de l’emploi dans laquelle la place de l’élevage est importante, surtout si l’on compte les filières agroalimentaires pourvoyeuses en travail péri- ou para-agricoles (industries, commerces et marchés, machinisme, services d’encadrement, formation, administration). D’autre part, la donne est perturbée par l’apparition ou la diffusion de nouvelles fonctions résidentielles ou productives sur nouvelles cohabitations les mêmes lieux. Les peuvent être conflictuelles (autour des projets d’agrandissement de bâtiments par exemple), mais également sources d’opportunités commerciales par la valorisation des produits ou une diversification des activités agricoles (accueil, vente directe..).

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Typologie des espaces ruraux et zones d'élevage

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L’élevage dans des campagnes diversifiées

Les « campagnes agricoles et industrielles vivantes », très présentes dans le Grand Ouest, multifonctionnelles, se signalent surtout par des hausses de population et un espace entretenu. L’arrivée de nouveaux habitants, la diversification des activités (industrie, tourisme), les succès des filières agro-industrielles ou agro-tertiaires à l’origine d’emplois induits, rendent possibles de telles dynamiques, souvent appuyées sur un dense réseau de petites villes. Les « campagnes fragiles » couvrent plus de 42 % de l’espace national et comprennent la diagonale courant des Ardennes jusqu’aux Pyrénées en passant par le Massif central mais aussi des « arrière-pays » montagneux plus attractifs. Elles sont situées dans un environnement très rural, éloigné de l’influence des agglomérations, ont subi un long exode mais renaissent ponctuellement, notamment dans les « campagnes arrière-pays » (Cévennes, Alpes du Sud, Pyrénées, etc.). Ces types présentent souvent des élevages basés sur l’herbe, bien insérés dans les filières agro-alimentaires locales. Ces élevages contribuent de façon irremplaçable à un paysage entretenu, la gastronomie locale et à une vie locale préservée, source d’attractivité touristique et résidentielle. 

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Structures équestres de loisirs dans le Puy-de-Dôme

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Enfin, autour des agglomérations, se construisent des « campagnes des villes », en forte croissance démographique, et dans lesquelles les fonctions résidentielles et/ou récréatives prennent le dessus. Les éleveurs constituent une minorité et sont confrontés à des conflits d’usage (contestations de l’impact des équipements, des pollutions visuelles, olfactives ou sonores, etc.). Mais ils bénéficient aussi localement d’une nouvelle demande sociale (gestion paysagère et patrimoniale, circuits de proximité et vente directe). L’élevage chevalin de loisir y a fortement progressé depuis une vingtaine d’années, induisant aussi le développement d’un secteur amont et aval très novateur. Aujourd’hui, c’est quasiment un cheval sur deux qui est élevé dans ces espaces. 

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Note : Les illustrations, cartes et textes sont issus de L'Atlas de l'élevage herbivore en France aux Éditions Autrement. Ces éléments ne peuvent être utilisés pour un usage autre que personnel.